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Bio et pesticides : confusion des genres.

  • UNAB
  • il y a 14 heures
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 4 heures

Il y a des prises de paroles qui appellent une réaction et des clarifications. Pour l'UNAB et le secteur bio, l'interview de Madame la Ministre Dalcq en appelle plusieurs.




Nous saluons la volonté affirmée par la ministre de poursuivre des objectifs forts en terme de surface agricole bio (25%). C’est en réalité le moyen le plus sûr de réduire mécaniquement les pesticides. Aucun doute là-dessus.


Nous appuyons la ministre sur l’interférence de certains intermédiaires qui ramassent des marges plus que confortables sur le dos de nos producteurs bio. C’est un obstacle important à l’accessibilité de nos produits.


Nous sommes également, comme la ministre, demandeurs d’une réponse structurelle pour atteindre des objectifs bio ambitieux. C’est une nécessité mise en avant par le ralentissement de marché vécu en 2022 et 2023.


Développer la bio, oui. L’instrumentaliser, non.


En revanche, quand la ministre mélange les torchons (bio) et les serviettes (de synthèse), des clarifications sont nécessaires. Il est totalement inacceptable de mettre du flou dans la classification des pesticides et biopesticides, dans l'engagement des bios et les auters pratiques. « Le pesticide reste un outil. Il faut savoir que certaines années, le secteur bio demande une dérogation pour pouvoir en utiliser ».

Ici, la ministre évoque l’utilisation occasionnelle dans nos champs de produits phyto bio comme un élément validant l’utilisation des pesticides en général. Ouch.


Recadrage :


En bio, les produits autorisés sont d’origine naturelle, et sont utilisés en dernier recours sur 5% des surfaces (cultures sensibles : pommes de terre, vergers basse tige…). 21 substances seulement sont autorisées par le cahier des charges bio, contre 280 en conventionnel. Parmi ces 280 substances de synthèse (interdites en bio), 15% sont cancérogènes suspectés, présentent des risques pour les fœtus ou s’accumulent dans les masses d’eau à long terme (0% en bio). Les biopesticides ne survivent pour la plupart d’ailleurs pas dans l’environnement, les eaux et les animaux : Leur demi-vie est sans commune mesure avec celle des produits de synthèse, interdits en bio. Par ailleurs, aucun herbicide n’est autorisé en bio. Aucun PFAS non plus, évidemment.


Au niveau des dérogations : à notre connaissance, moins de 5 dérogations ont été accordées au secteur bio en plus de 5 ans. Elles concernaient toutes des biopesticides et des situations d’urgence. Le système de la dérogation est d'ailleurs une garantie, quand on le compare avec l’autorisation générale qui se pratique hors bio.


Pesticides : "tous les paramètres de santé sont contrôlés par des toxicologues"


Non, madame la Ministre, tous les paramètres de santé ne sont PAS contrôlés par des toxicologues. Il y a des pans entiers d’évaluation qui ne sont pas réalisés avant une mise sur le marché d’un produit phyto. La toxicité aigue est testée, mais pas la toxicité de long terme et ceux sur plusieurs générations, ni les effets cocktails, ni ceux des coformulants. Les effets sur l’environnement, la biodiversité et les eaux ne sont pas évalués sur le long terme avant la mise sur le marché d’un pesticide.


Enfin, en terme de gaz à effet de serre, il nous semblerait utile de cibler en priorité les engrais chimiques plutôt que les effluents d’élevage dont nos sols ont cruellement besoin, et dont les émissions de protoxyde d’azote s’ajoutent à l’énergie grise considérable nécessaire à leur production.


Bref, Madame la Ministre, merci pour votre motivation à développer l’agriculture bio. Mais merci aussi de ne pas utiliser les bios, à la pointe des pratiques agronomiques environnementales, comme excuses pour valider un système agricole encore trop basé sur l’utilisation de pesticides de synthèse. Produits dont les dégâts sociétaux sont notoirement connus et validés par la science.

 

 
 
 

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